« Les sols sont morts... »
J'ai entendu Claude Bourguignon (l'homme de la tarte aux cerises), il y a peu à la radio.
C'est vraiment passionnant... Au pire, ne lisez que les caractères gras, mais il faut vraiment avoir compris ce qu'il nous dit :
Tout comme l'eau et l'air, LE SOL EST LA BASE DE LA VIE.
Je ne vous retranscris ici qu'une partie de ce qu'il nous dit :
« Un labour dégage une tonne de gaz carbonique à l'hectare, à cause de la minéralisation.
Quand vous faites du semi direct sous couvert, sans labour, vous fixez 4 tonnes de gaz carboniques à l'hectare.
On a calculé que si tous les agriculteurs arrêtaient de labourer on baisserait de 40% le dégagement de gaz carbonique planétaire.
En plus la gestion des effluents d'élevage qui sont gérés maintenant en anaérobie, les bêtes n'ont plus le droit de se reposer, autrefois, les bêtes avaient de bon lits de taille de haies et de paille mélangée, ce n'était pas anaérobique, ça ne puait pas, les étables ne sentaient pas mauvais, quand on rentrait dans une étable ça sentait bon, maintenant c'est tellement anaérobique, ça pue, c'est une horreur et ça, ça dégage du méthane, c'est une putréfaction anaérobie et ça pollue latmosphère.
Il ne faut pas accuser l'élevage de polluer l'atmosphère comme on le fait à l'heure actuelle. C'est la gestion de nos effluents d'élevage qui ne respecte pas les lois du sol qui fait que cela pollue.
C'est un refus de la part de l'agronomie de respecter les lois biologiques du sol. Vous ne pouvez pas violez les lois du vivant, si vous les violez, cela se retourne contre vous.[...]
Le sol est un milieu vivant qui héberge 80% de la biomasse de la planète. 80% des êtres vivants sont dans le sol.
Ils ne sont pas sur le sol, le problème c'est que nous ne les voyons pas parce qu'ils sont très petits.
Si vous prenez par exemple les microbes, vous avez 3 tonnes de microbes à l'hectare, cela fait beaucoup plus que de vaches à l'hectare.
Ils ont une activité biochimique qui est 350 fois supérieure à la notre, donc ils représentent une énergie biochimique énorme. C'est eux qui vont faire le transfert des éléments minéraux du sol, du monde minéral de la terre vers les plantes et ensuite ils vont nous nourrir.
Hors en 50 ans d'agriculture intensive nous avons décidé de ne pas accepter cette vérité que le sol est vivant, on a décidé que le sol est un support chimique inerte et qu'il y avait juste a mettre des engrais chimiques dessus.
Le problème, c'est que les microbes fournissent une trentaine d'éléments aux plantes, donc ils les équilibrent énormément, ils font des plantes très saines.
Quand vous avez un sol mort et que vous donnez uniquement ce que l'on appelle en agriculture NPK, c'est-à-dire azote, potasse, phosphore, vous déséquilibrez les plantes.
C'est comme un gamin à qui vous donnez que du sucre et des pâtes, il devient comme un petit mammouth américain, il est malade et bien les plantes sont malades.
Et comme les plantes sont malades, on les traite avec des pesticides. Ces pesticides modifient la composition protéique des plantes, d'où toutes les allergies au gluten, etc, et donc les hommes sont malades.
Quand le sol est mort, les hommes sont malades, mais cela les hommes ne l'ont pas encore compris.[...]
Le blé aujourd'hui est tellement différent de celui produit il y a quelques décennies que 40% du blé produit en Europe ne peut même plus être transformé en pain. Il est donné directement aux cochons.
Nous sommes la première civilisation du monde à donner la céréale noble qui est le blé à nos cochons alors qu'il y a des enfants qui meurent de faim. [...]
Les sols sont morts.Dans nos laboratoires, nous avons fait plus de 5000 mesures de l'activité biologique des sols en France, nous avons détruit 90 % de l'activité biologique de nos sols.
Les vers de terre sont passés en France de 2 tonnes à l'hectare à moins de 100 kg, il y a une véritable destruction de notre système sol et les citoyens, je pense, ne veulent pas entendre parler de ça. [...]
D'ailleurs ce qui est intéressant c'est que nos collègues qui sont au CNRS observent la même chose que nous. Nous ont observe la disparition de 90% de la vie du sol et eux ils observent la disparition de 90 % des reptiles, 90 % des amphibiens, 90 % des oiseaux, 90 % des mammifères.
C'est-à-dire que le sol, c'est à la base de la vie et quand vous tuez le sol, c'est tout le système vivant qui s'écroule derrière.
Après ce sera l'homme, mais ça, il faut que les hommes prennent conscience de cela. [...]
Un sol dans la nature, il n'est jamais retourné, il n'est jamais bouleversé.
Donc ce qu'on apprend aux agriculteurs c'est à arrêter de labourer et passer à des techniques qu'on appelle semis direct sous couvert, c'est-à-dire qu'on prends des plantes qui vont protéger le sol pendant l'inter culture, qui vont le structurer et ensuite ils vont semer directement dans cette plante.
On essai de trouver des espèces qui gèlent pour qu'elles meurent pendant l'hiver et leur plante pousse au milieu. Ca fait dépenser par exemple pour un semis, vous passez de 140 l de fioul à l'hectare en travail annuel à moins de 30 litres, même moins de 20 litres. Donc grosse économie de fioul pour l'agriculteur. Son tracteur n'a plus besoin d'être un gros tracteur, donc il n'a plus qu'un semoir à tirer, il n'a plus qu'une charrue.
Il respecte son sol, la matière organique remonte, les vers de terre reviennent. Il consomme moins d'engrais puisque le sol nourrit mieux la plante, donc moins de pesticides.
Le problème c'est que vous avez les coopératives qui se rendent compte qu'elles ne vendent plus d'engrais.
Comme ce sont les mêmes entreprises qui fabriquent les engrais qui rendent les plantes malades, qui fabriquent les insecticides et qui fabriquent les médicaments, ils n'ont pas envie que cela change.
Donc ils freinent.
Ils racontent aux agriculteurs qui veulent se lancer la dedans, c'est n'importe quoi comme technique, tu vas te ruiner, tu vas faire faillite, ils jouent sur la peur pour que cela ne change pas [...]
Avant les hommes n'avaient pas d'autre technique que le labour pour lutter contre les mauvaises herbes parce qu'ils n'avaient pas compris qu'ils pouvaient utiliser les plantes pour étouffer les mauvaises herbes et qu'on a pas besoin du labour. Et ça c'est devenu une croyance, c'est de la mythologie, c'est pas de la science. C'est de la sociologie...[...]
On peut nourrir des être humains sans engrais chimiques et sans pesticides [...]
La microbiologie n'est même plus enseignée en école d'agronomie depuis 1986, il n'y a aujourd'hui un seul agronome qui sort de l'école et qui sait qu'un sol est vivant.[...] 
L'agro industrie vielle à ce que surtout on ne dise pas aux jeunes étudiants en agronomie que le sol est vivant et que c'est les microbes du sol qui nourrissent les plantes.
Les microbes (naturellement contenus dans le sol) ne sont pas brevetables, donc il n'y pas d'argent à faire, vous comprenez.
Donc plus vous labourez, moins vous avez de matière organique, moins vous avez de matière organique, plus vous avez d'érosion, plus vous avez de boues dans les rivières et plus vous polluez.
Si au contraire, vous faites de l'humification, vous relancer les champignons, il y a plein de techniques, type purin d'ortie, mulsh, etc, plus vous refaites de l'humus, plus le sol est riche, moins vous lessivez dans les nappes phréatiques et dans les rivières, plus vos sols s'enrichissent.
Une foret vous savez, vous prenez le plus vieux modèle biologique que nous connaissons sur terre qui est la forêt de Bornéo, elle a 150 million d'années, elle reçoit 9 m d'eau par an en pluviométrie et elle continue à faire pousser des arbres de 80 m de haut, alors qu'il n'y a jamais eu d'engrais dessus.
Il n'y a pas besoin d'engrais pour faire pousser la vie.
Si vous prenez par exemple les fraises et les tomates, 99 % de celles qui sont vendues en europe sont hors sol. C'est-à-dire qu'elles n'ont jamais vu la terre [...]et on va vous vendre ça sous le nom de fraises de terroir de Plougastel, alors qu'elles n'ont jamais vu le terroir. [...]
Mais tout est mensonge, et la question que je me pose est pourquoi les gens acceptent ce mensonge [...] Alors que l'industrie agro alimentaire peut vous mentir complètement, raconter que c'est naturel alors que c'est du produit chimique de synthèse, aucun consommateur ne proteste, c'est très curieux.
Je pense que psychologiquement les gens ne veulent pas accepter qu'ils sont en train de s'empoisonner. Ils font la politique de l'autruche.
A l'époque chasseur cueilleur l'humanité mangeait 10 000 espèces animales et végétales et zéro molécules chimiques.
Aujourd'hui 96% de l'humanité mange moins de 40 espèces animales et végétales et 10 000 molécules chimiques.
On a remplacé une bio diversité vivante par une diversité chimique, sans se poser de question si en 50 ans, l'homme est capable de s'adapter à ça.
Et on sait qu'il ne le fait pas puisque l'on sait que les américains qui on été les premiers à manger de l'agriculture chimique, on des problèmes d'obésité, de stérilité, d'allergie, beaucoup plus graves que nous. Nous nous avons 20 ans de recul, et ça commence a arriver chez nous.
Les américains ont déjà perdu 4 ans d'espérance de vie par rapport à nous, nous nous arrêtons d'augmenter notre espérance de vie, et nous aussi nous commençons doucement le déclin [...]
Franchement, je ne vois pas quoi ajouter.
A consulter aussi :
Ajout du 22 mai 2007 :