Il y a encore quelques années j’attendais avec impatience la fin de l’ère du pétrole facile. Fini ces avions qui font le tour de la terre pour un oui pour un non, fini ces
embouteillages deux fois par jour autour des centres d’activités, fini ces files de camions sur les routes….
Hé bien non, comme me l’a dit une amie récemment les gens préfèreront ‘crever’ que d’abandonner la ‘liberté’ qu’ils pensent s’offrir avec
leur voiture.
Et malheureusement depuis quelques temps tout cela se vérifie. Avec la folie des AGROcarburants notre société arrive finalement à
son stade de schizophrénie le plus avancé : donner à manger à ses moteurs plutôt qu’à ses estomacs. ...
Bref, pour savoir ce que cela représente vraiment, de l’esclavagisme dans les champs de canne à sucre aux enjeux économiques et
politiques internationaux, en passant par le bilan écologique désastreux, voici un livre qui vient de sortir sur le sujet.
Je ne l’ai pas encore lu, mais je vais m’y précipiter (ou pas ça dépendra du moral du moment)
Je connais cependant l’auteur, Fabrice Nicolino, au travers d’autres ouvrages, notamment ‘Pesticides, révélations sur un scandale
français’ et ça risque d’être aussi détonant, rigoureux, détaillé, précis et aussi terrible et déprimant de vérité et de lucidité.
Bref, je vous mets ici la 4ème de couverture.
Et aussi plus bas le lien pour écouter l’excellentissime émission Terre à Terre qui a été consacrée à ce livre sur France
Culture.
Et puis juste pour rappel, des chiffres qui me hantent :
- 800 millions de personnes souffrent aujourd’hui de la faim dans le monde (des enfants, beaucoup d’enfants, des femmes,
des hommes, des jeunes, des vieux… des humains)
- 5 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de malnutrition.
- le prix des céréales a doublé dans le monde en 2006
- Un plein de 4x4, c’est aussi un an de nourriture pour un homme, à nous de choisir.
Emission Terre à Terre de France culture : 60 mn
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.Fabrice Nicolino - La faim, la bagnole, le
blé et nous : une dénonciation des biocarburants – Fayard – 3 octobre 2007
Les biocarburants sont une formidable trouvaille, mais pour qui ? Dans le monde entier, usines et raffineries poussent
comme des champignons après la pluie. Le blé, le colza, le tournesol chez nous, le palmier à huile, la canne à sucre, le soja ou le maïs dans les pays du Sud servent désormais à remplacer le
pétrole. De fabuleux végétaux, utilisés depuis les débuts de l’agriculture pour nourrir les hommes, remplissent aujourd’hui les réservoirs des bagnoles et des camions.
Fabrice Nicolino a décidé d’écrire sur le sujet un pamphlet, d’envoyer un coup de poing à ceux qui prétendent que ce bouleversement est une bonne nouvelle, mais aussi aux naïfs qui croient le
discours officiel sur ces nouveaux carburants présentés comme « écologiques ». Car la réalité est aux antipodes.
En France, le lobby de l’agriculture industrielle, activement soutenu par l’Etat, cherche depuis la réforme européenne de 1992 de nouveaux débouchés pour ses productions de masse. Le boom des
biocarburants relance aussi la machine à engrais et à pesticides, et il détruira bientôt ces réservoirs de biodiversité imposés que sont les « jachères ».
Ailleurs dans le monde, c’est bien pire. De l’Indonésie au Brésil, en passant par le Cameroun, les rares forêts tropicales intactes sont dévastées pour laisser place à ces nouvelles cultures. La
demande indécente du Nord, qui veut continuer à rouler en bagnole quoi qu’il en coûte, fait exploser le prix de certains produits de base : dans un monde qui compte près d’un milliard d’affamés
permanents, le système industriel préfère donc l’automobile au droit pourtant imprescriptible de manger à sa faim.
Et le comble, c’est que les biocarburants ne sont nullement écologiques. Ils contribuent et contribueront toujours plus au dérèglement climatique, comme le montrent de très nombreuses études.
Ce petit livre dévoile une mystification totale. Et dénonce ses profiteurs, plus nombreux qu’on le croit. Car derrière l’automobile individuelle, il y a nous.
Aussi :

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Ce qui tend aussi à prouver qu'l ne faut pas abuser de l'opinion publique, ni l'abuser car ELLE n'y connait rien.