Mr Sarkozy,
Vous donnerez à votre fils la charge de la mémoire de tel ou tel enfant juif déporté, soit.
Je déplore la méthode, l’âge que vous avez choisi, et surtout les fins pour lesquelles vous annoncez cela.
Que voulez vous que fassent réellement nos enfants ?
Que voulez vous que comprennent les parents ?
Le poids du passé est tellement lourd, qu’il est impossible de l’oublier, l’école, les parents ont déjà la charge de cette mémoire à transmettre.
Que direz vous à votre fils, si demain il a la lucidité de vous interroger sur le destins des enfants qui AUJOURD’HUI souffrent et meurent un peu partout dans le
monde ?
Que souhaitez vous que l’on dise à nos enfants, quand ces images viennent, seulement quelques secondes, sans réelles explications hanter les journaux TV, entre deux de vos
apparitions ?
Ces enfants là, ces enfants qui souffrent, on ne connaît pas leur nom, on ne veut surtout pas connaître leur histoire, notre histoire, celle que nous vivons tous
aujourd’hui.
Parce que tout est lié, le passé, le présent, le futur.
Ne pas oublier est un devoir, regarder autour de nous aujourd’hui et préparer l’avenir est une obligation.
Les enfants de quelque nationalité qu’ils soient, de quelque couleur qu’ils soient, de quelque condition qu’ils soient, tous ces enfants ne sont pas des quotas, ni un fardeau à
nourrir, ni des marchés à conquérir.
Ils sont la vie.
Tous les enfants de ce monde ont droit à notre prise de conscience, à nos égards, notre réflexion, nos actes…
Tous les enfants de ce monde ont le droit de savoir pourquoi plus de la moitié d’entre eux sont exploités, survivent à peine ou crèvent dans de telles conditions, ignorés par
l’autre moitié comme pendant la Shoah.
Devant l’Histoire les prétextes économico-sécurito-religo-égoïstes ne tiennent plus.
A quoi sert la mémoire du passé, si c’est pour fermer nos yeux, nos cœurs et nos têtes à ce qui ce passe aujourd’hui ?
A qui donnerez vous le prénom et le nom de chacun de ces enfants encore vivants et que l’on peut encore aider ?
Lui sera mort demain.
Qui connaît son nom ?
Qui portera sa mémoire ?
A tous les porteurs de mémoire, je préfère les porteurs d'espoir.
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Qui connaît son nom ?
Qui portera sa mémoire ?
A tous les porteurs de mémoire, je préfère les porteurs d'espoir"
Trés juste, cependant moi il me faut les deux. Il n'en reste pas moins que la manière dont on se souvient fait plus souvent penser à une mise en scène dramatique visant à faire accepter le présent. Un présent qu'on nous invite à gober comme inéluctable.