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Meuhh si ce blog est apolitique, meuh si...
Le début de ma réponse
Et dans le même temps…
Ce qui pour moi était aussi très important :
Le projet de loi relatif aux OGM doit se concevoir comme le troisième pilier d’une approche équilibrée du dossier et du
consensus dégagé par le Grenelle de l’environnement qui s’appuie donc par ailleurs sur un effort particulier en faveur de la recherche et sur une nouvelle évaluation du maïs Mon 810.
Nous encourageons la recherche sur les biotechnologies :
Le Gouvernement a annoncé qu’un effort important (allocation de 45 millions d’euros à la recherche sur les biotechnologies sur 3 ans) pour que la France puisse disposer d’une expertise indépendante sur ces domaines. Les budgets sont ainsi multipliés par 8.
Je suis paradoxalement d’accord avec vous sur ce point, les biotechnologies sont effectivement un domaine où la recherche doit être accentuée. En
effet, nous n’en connaissons encore ni toutes les possibilités, ni surtout toutes les conséquences.
Les OGM sont une réalité tant scientifique qu’économique. La France doit donc maintenir et accentuer son effort de recherche. Il en va tant de la réussite des projets que, de manière plus
générale, de l’économie et de l’indépendance de la France. La France doit rester maître de son destin.
Je ne vous rejoindrai pas sur ce point, pensant pour ma part que l’économie et l’indépendance de la France a beaucoup plus a gagner en refusant ce
modèle agro économique imposé et restreint qui condamne de facto toutes les autres alternatives durables.
Nous aligner sur un modèle productiviste et essuyer d’ici quelques petites années les mêmes échecs que les pays où les OGM sont déjà cultivés n’aidera
en rien l’indépendance de la France, ni celle des agriculteurs ou paysans qui seront pieds et poings liés aux multinationales.
La France doit rester maître de son destin, et je suis d’accord avec vous, en acceptant les OGM dans ses champs aujourd’hui elle offre son territoire
à l’incertitude sanitaire, à la dégradation environnementale.
En refusant les OGM dans ses champs, elle reste au contraire maître de son destin, se laisse le temps d’évaluer correctement ces organismes, de tirer
les leçons et les conséquences qui s’imposent des malheureux exemples étrangers. Elle se laisse surtout la possibilité de développer les vraies solutions d’avenir d’une agriculture saine,
durable et productive, devenant ainsi exemplaire aux yeux du monde. Telle est la grande décision.
Cette décision est fondamentale dans la mesure où « les biotechnologies font partie des perspectives incontournables de notre siècle. Elles apporteront peut-être des solutions au
traitement des maladies neurodégénératives et constituent une voie de recherche en agriculture, par exemple pour réduire les besoins des cultures en eau. En tout état de cause, nous devons
absolument les regarder de près, parce qu’elles recourent à des procédés souvent inédits et toujours puissants, qu’elles occupent une place majeure dans la guerre des brevets, et que leurs
effets, touchant à l'organisation même du vivant, sont plus complexes encore que ceux des procédés chimiques ou physiques », comme le rappelait Jean-Louis Borloo à l’Assemblée nationale.
Les biotechnologies comptent parmi les technologies qui auront le plus d'incidence sur nos activités comme sur notre conception du vivant et de nous-mêmes. Il s'agit d’en faire ce que nous
voulons, non de nous y soumettre.
C’est encore paradoxal, nous n’avons pas du tout la même lecture des faits.
Les biotechnologies sont en effet un formidable outil de recherche, qui pourra certainement permettre de déboucher sur de grandes ‘solutions’ à divers
problèmes, médicaux notamment. C’est d’ailleurs déjà le cas depuis de nombreuses années pour l’insuline.
Il convient pourtant ici de distinguer plusieurs
choses :
- Il n’a jamais été utile de faire des cultures de plantes à insuline en plein champ, la médecine actuelle se débrouille très bien en milieux clos, c’est même plus sécurisant et efficace quand à la qualité des plants obtenus.
- Jamais les diabétiques ne consomment la plante OGM, mais simplement un médicament obtenu après retraitement de la plante.
Ici est toute la nuance avec les OGM que cette loi autorise dès ce printemps dans nos champs et dans l’assiette de nos enfants. Nous, c’est l’OGM entier que nous allons manger.
Les OGM sont des outils et non pas une finalité.
On ne parle pas dans ce texte de loi des OGM de façon générique, d’ailleurs utilisés depuis des années par nos chercheurs ( et développer leurs moyens
serait une excellente chose), mais bel et bien de la culture OGM en plein champ et uniquement cela.
Et je suis tout à fait dubitative concernant leurs applications en agriculture. Il y a à ma connaissance largement de quoi faire face, grâce au
patrimoine génétique naturel existant, aux différents problèmes de l’agriculture d’aujourd’hui et de demain. Les variétés anciennes ou récentes de tous pays obtenus par croisement et sélection
naturelle sur des milliers d’année par le travail consciencieux de générations entières de paysans permettent déjà de répondre aux besoin spécifiques de telle ou telle région du monde :
sols difficiles, trop ou pas assez de précipitations…
Dois je vous rappeler que 99% des OGM aujourd’hui cultivés dans le monde sont des plantes à
pesticides, les produisant ou y étant tolérantes ? Je n’y vois guère l’application des beaux discours altruistes.
Par ailleurs les rendements ne sont pas aux rendez-vous annoncés. Aucunes des promesses OGM n’est à aujourd’hui tenue de part le monde, si ce n’est le
gain financier engrangé uniquement par les détenteurs des brevets.
La faim actuelle sur la planète ne provient pas d’un manque de variétés naturelles de plantes auquel il faudrait remédier, ni d’un manque de savoir ou
de savoir faire des paysans, vous le savez bien ; mais de problèmes purement politiques, économiques et sociaux. Elle se complète malheureusement aujourd’hui par les problèmes de pollution
et de dérèglements climatiques.
De plus les cultures OGM ne sont pas des cultures vivrières, mais correspondent aujourd’hui à des cultures d’exportation (soja, coton…), et/ou à des
cultures destinées à nos pays ‘riches’ pour l’alimentation du bétail ou la fabrication d’agrocarburants.
Si solution il doit y avoir au problème de la faim, en dehors des conflits sociaux et économiques, elle n’est pas dans les OGM, mais dans la
divulgation des connaissances ancestrales et du savoir moderne, comme la microbiologie des sols, ainsi que des bonnes pratiques agricoles. Des systèmes simples, non coûteux
financièrement, ni pour l’homme ni pour l’environnement permettent déjà d’obtenir des résultats prodigieux.
La solution n’est pas dans l’application à la va vite de biotechnologies, qui ont tout à fait leur place en laboratoire comme outil de recherche, mais
pas dans nos champs pour engraisser, non pas les ventres des affamés de la planète, mais juste un peu plus les portefeuilles juteux d’une poignée d’actionnaires.
En tout cas pas tant que toutes les recherches sur leur totale innocuité à long terme ne soient faites et prouvées tant pour l’Homme que pour l’indissociable environnement dans lequel il vit. Et ceci n’est le cas d’aucun des OGM aujourd’hui cultivés dans le monde.
Je vous invite à vous renseigner plus en avant sur les conséquences environnementales, sanitaires et économiques actuelles des OGM dans les pays qui
ont autorisés ce type de culture : USA, Argentine, Afrique du Sud, Inde, Espagne… Les utilisations de pesticides sont en constante augmentation avec les conséquences que tout le
monde connaît, les insectes et autres ravageurs sont devenus résistants, la chimère des OGM conduit agriculteurs et paysans si ce n’est à l’endettement, à la ruine ou même au suicide dans
plusieurs pays.
Nous avons maintenant 10 ans de recul sur ces cultures, partout les résultats sont catastrophiques. Choisir d’autoriser aujourd’hui les OGM dans nos
champs, c’est comme choisir de mettre de l’amiante et de la peinture au plomb dans une école maternelle !
Je vous invite aussi à vous renseigner plus en avant sur les alternatives agricoles en méthode biologiques qui permettent à de plus en plus de paysans
du monde entier de vivre dignement de leur travail sans être relégués au rang d’ouvriers ou d’exécutants surendettés de multinationales lointaines. Ces alternatives sont viables immédiatement
et à long terme, en témoigne un récent rapport de la FAO.
Autoriser aujourd’hui les OGM, c’est condamner cette solution d’avenir pour un profit au seul court terme, et ce choix est
irréversible !
Et enfin, nous avons pris nos responsabilités sur la question du maïs Mon 810 : Ainsi je vous rappelle que le Président de la
République a demandé que l’intérêt écologique et environnemental des OGM soit prouvé. À la suite de cette déclaration, et conformément aux conclusions du Grenelle de l’environnement, le
Gouvernement a interdit la seule culture OGM pratiquée en France et autorisée par la Commission européenne, le maïs Mon 810.
Dans l'espoir d'avoir répondu à vos
questions,
Oui, mais tout ceci en ouvre d’autres… philosophiques.
Dans votre camp politique quelques courageux vraisemblablement plus informés que les autres ont voté contre cette loi.
Elle repassera bientôt devant vous.
Je vous demande juste de vous poser encore une fois face à vous-même. La culture des OGM en plein champ, leur dissémination irréversible dans l’environnement, leur arrivée forcée dans nos assiettes sont ils oui ou non une bonne chose pour notre avenir à tous ?
Comme vous l’avez justement dit : « la France doit choisir son destin » : elle retiendra ceux qui auront eu le courage de faire le bon choix, mais aussi les autres…
Bien à vous
Cordialement,
Donc voilà…
Les dés son lancés, la balle est dans son camp. Le texte va à nouveau passer devant lui.
Je ne sais comment il votera la prochaine fois, c’est silence radio depuis…
Mais plus jamais il ne pourra dire qu’il ne savait pas.
Nous n’avons plus à convaincre la population que les OGM ne sont pas bons, ils le savent.
Nous pouvons espérer les faire bouger en conséquence, pour qu’ils se battent enfin pour le monde qu’ils espèrent juste et meilleur, mais je crois que c’est peine perdue : la lobotomie et l’apathie conso-médiato-organisée est la plus forte.
La loi vient de passer devant le Sénat.
Il ne nous reste plus que 249 personnes à convaincre. 249 députés qui ont été élus et qui vont dans quelques jours à nouveau devoir se prononcer sur ce texte.
La loi est passée la semaine dernière à une majorité de 20 voix. Donc, sur ces 249 députés, si nous arrivons a en convaincre 20, ce sera peut être bon !
« Le peu que l’on peut faire, le très peu, il faut le faire quand même »
Théodore Monot.
Pour savoir qui est votre député et avoir ses coordonnées, c’est là
Pour savoir qui a voté pour ou contre le texte, c’est
là
A NOUS D’AGIR !